Connaissez-vous vraiment toute l’histoire de la Bastille ? Acte 4

Connaissez-vous vraiment toute l’histoire de la Bastille ?

Acte 4 – Une Bastille invisible !

Le Fort de la Bastille a été construit entre 1823 et 1848 par le Général Haxo, pour parer une attaque qui proviendrait de la Chartreuse. Son système de défense a donc été pensé pour être entièrement invisible à l’ennemi qui arriverait par le haut du massif, ou par ses versants.  La montagne a été creusée, les éléments défensifs enterrés sous terre, ou collés au relief.

Lorsque l’on regarde le Fort de la Bastille depuis le centre-ville de Grenoble, on ne voit en fait que le « dos » du système de défense !

    • Un système de défense tourné vers la Chartreuse

      En 1817, l’alliance austro-sarde domine les Alpes et construit la barrière de l’Esseillon, dirigée contre la France. Grenoble devient alors une place de première ligne, qu’il convient de protéger par une forteresse adaptée.

      Le projet définitif fut approuvé en 1823, après discussion entre les officiers du Génie de la place de Grenoble et le Comité des Fortifications parisien.

      Le plan, relativement simple, permet à la fois de compléter les défenses de la ville et de disposer d’une position de repli où s’enfermer en cas d’attaque.

    • La Bastille se divise ainsi en deux sous-ensembles, séparés par deux enceintes fortifiées fermées :

      • le donjon situé dans la partie supérieure, dont la fonction principale est la surveillance et la défense de la ville,

      • la citadelle Rabot dans la partie moyenne occidentale ; lieu de vie des soldats.

  • plan fortifications grenoble 1851

    Projet complet de délimitation du terrain militaire de la place de Grenoble, Génie, Direction de Grenoble, 1851.
    © Établissement du Génie de Grenoble

  • Au sommet est implanté un « donjon », espace clos défensif et poste de surveillance tourné vers la Chartreuse. Il est protégé, côté montagne par un « cavalier casematé » accueillant 17 canons, un fossé et un glacis, et côté aval, par un front bastionné. Ce donjon est également doté d’une caserne, qui abrite aujourd’hui le restaurant du téléphérique, et d’une poudrière. Depuis l’enceinte basse du donjon, un mur à redents descend la pente en écharpe pour enclore la partie ouest de la montagne et constituer la « citadelle Rabot », aujourd’hui résidence universitaire.

    Le fossé du donjon est creusé sur le sommet de la montagne du Rachais, il ouvre côté nord sur le glacis, lui aussi aplani par les hommes, pour descendre jusqu’au pied du Mont Jalla, d’où est censé arriver l’assaillant. Cette montagne sera plus tard (1846) percée de grottes dont le passage étroit est relié par un chemin souterrain au donjon ; l’ennemi qui se presse sur le glacis pourrai ainsi être pris à revers. Ces grottes « dites » de Mandrin peuvent aujourd’hui être traversées par les visiteurs de la Bastille, tout comme l’ensemble du système de défense du donjon constituant de nos jours le site touristique de la Bastille.

  • enceinte donjon bastille

  • citadelle rabot

    La Citadelle Rabot
    ©CROUS

  • Dans La citadelle du Rabot sont édifiées ; une caserne élevée sur quatre niveaux pour recevoir 900 hommes, le pavillon des officiers, de capacité moindre, est caractérisé par sa toiture à rebords crénelés, des échauguettes et une poudrière.

    Depuis le sommet du donjon, descendent deux branches fortifiées qui utilisent au mieux les accidents du terrain pour renforcer leur puissance. Chacune rejoint les berges de l’Isère où les portes fortifiées, datant de Lesdiguières, donnent accès aux routes de Lyon et de Chambéry.

    Sur ces deux branches, on trouve une succession de banquettes de tirs et de galeries de fusillades permettant de protéger les flancs de la colline.

  • La Bastille est relativement bien conservée et reste le principal ouvrage de défense que la ville ait préservé, après avoir sacrifié la majeure partie de ses remparts, portes et casernes. Elle n’a cependant jamais eu à se défendre, faute d’adversaire… !!!

  • casemates haxo

    Casemates Haxo
    ©L. Salino

  • echauguette escaliers bastille

    Échauguette et escaliers
    ©L. Salino

  • Ressources

« La Bastille de Grenoble et son téléphérique » Marc Fennolli et Béatrice Metenier, 2006
« La Bastille et les fortifications de Grenoble » Robert Bornecque, 1986
Archives de l’Établissement du Génie de Grenoble

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